• Graphisme / Ecriture (3)

    Objectif de l’écriture

     L'objectif est de faire de l'apprentissage de l’écriture un plaisir, d'amener l'enfant à une écriture fluide, lisible, sans crispation, afin que l'enfant soit libéré des difficultés de mise en œuvre du geste d'écriture pour pouvoir se concentrer sur le message, le sens et la production de sens. 

     L’acte d’écrire 

    Comment les enfants apprennent-ils à écrire ? 

    Quand on écrit, on forme des tracés qui s’organisent en lignes horizontales parallèles au bord supérieur de la feuille. Cet alignement est l’effet de deux ajustements : le critère local (savoir où on en est dans le mot) et le critère global (se maintenir dans le cadre, maintenir la direction, l’alignement…).  

    Ces ajustements font la difficulté de l’acte graphique. 

    Il existe deux grandes catégories de mémoires, la mémoire épisodique et la mémoire procédurale : 

    - la mémoire épisodique, mémoire au sens habituel du terme, permet de se souvenir de mots ou de visages… 

    - la mémoire procédurale regroupe les apprentissages perceptifs et moteurs : apprendre à marcher, à faire du vélo, à écrire… L’une et l’autre fonctionnent par répétition, mais de façon différente.

    La mémoire procédurale est constituée d'automatismes sensorimoteurs si bien intégrés que nous n'en avons plus conscience : elle permet donc d’agir (conduire, manger, marcher…) sans devoir être totalement concentré sur ces tâches. 

    Lorsque l’écriture est automatisée, le geste relève de la mémoire procédurale tandis que l’orthographe et le sens de l’écrit relèvent de la mémoire lexicale qui peut alors être activée sans la surcharge cognitive de l’attention au geste.

     Remarque : Cette mémoire est précieuse dans l’acquisition du geste d’écriture. 

     L’ancrage mnésique demande de nombreuses répétitions mais, une fois acquis, les processus ne s’oublient pas, même si on reste longtemps sans les mettre en pratique. En revanche, ils sont difficiles à modifier.  

     

    Quelles sont les capacités oculo motrices en jeu ?  

    (variable selon enfants) 

    Stade perceptif- 2 ans ½ 3ans 

    Le mouvement migre vers la partie la plus éloignée du point de départ à savoir l’épaule. C’est le mouvement distal qui est maintenant contrôlé d’abord par l’avant-bras et plus tard vers la main. L’œil guide la main. Contrôle double de l’espace et ajustement du geste. Les ronds commencent à se former, apparition du bonhomme.

    Apparition des boucles (la rotation de la main donne le sens , le mouvement du bras donne la direction) 

    Ces boucles enchaînées produisent l’apparition des cycloïdes dans uns sens ou dans un autre  

     ( apparition du sens dominant positif ou négatif qui sera le même pour les deux mains) 

     Stade représentatif entre 3 et 4 ans  

    L’enfant a un contrôle visuel global qui lui permet l’anticipation de ce que va tracer sa main. 

    Possibilité d’avoir un conflit entre la trajectoire et la forme qui donnent des désorientations (écriture en miroir) 

     Stade représentatif – vers 4 ans  

    L’enfant peut coordonner ses mouvements et renverser le sens de rotation :

    Arabesques et courbes de sens différents, l’écriture cursive est possible  

    Il possède aussi un contrôle visuel qui lui permet de relier 2 traits antérieurement produits.

    Possibilité de tracer un carré  et de revenir fermer un tracé Le dessin du bonhomme se précise  

    On voit se préciser les postures (pour le droitier main gauche à l’appui, tête légèrement inclinée…) l’activité graphique s’intègre dans le système moteur.

      Stade représentatif – 5 ans  

    Contrôle de la combinaison entre déplacement de l’épaule et du coude Tracé du triangle  

    Contrôle de la préhension.

    Maîtrise de l’ampleur du geste Contrôle de la hauteur relative des lettres les unes par rapport aux autres.  

      Stade représentatif – 6 ans  

    Le geste est accompli, l’appui peut se déplacer vers le coude, puis le poignet, l’appui se fait par le tranchant de la main et l’auriculaire et l’enfant peut suivre une ligne, il automatise l’enchaînement des lettres.

     

    Modélisation de l’acte d’écrire

    cf ouvrage de D Dumont

    Différentes écritures 

    L'apprentissage de l'écriture en capitales d'imprimerie ne peut être considéré comme un préalable à l'apprentissage de l'écriture cursive.  

    C’est une première application du travail sur l’espace graphique.

    Nécessite cependant un véritable apprentissage structuré et un accompagnement de l'adulte afin de ne pas favoriser la mise en place de gestes et d'orientations contraires à la maîtrise du sens de l'écriture cursive. 

    Le recours à l’écriture en capitales d’imprimerie facilite l’activité en proposant des formes aisées à reproduire. Cela nécessite un accompagnement vigilant, notamment pour parvenir à une orientation correcte.  


    Ecriture des majuscules d’imprimerie :
     

    accessible très tôt Les traits verticaux et horizontaux permettent d’écrire les lettres I,L,F,E,H,T. 

    => apprentissage de la tenue du crayon et du déplacement des doigts  

    Les trais obliques ajoutent M,A,N,V,W,K,X,Y,Z. 

    => course aux zigzags 

    Et les ronds C, O, Q, G, D, P, B , R, U, J. 

    => travail sur la mobilité des doigts 

    Seule S est plus compliquée. 

     

    Et le script ? A éviter, bien que facilitant l’accès à la lecture, car: 

    - Installation d’une coupure dans le geste de communication 

    - Ralentissement de la production graphique 

    - Difficulté de perception de l’entité mot 

     

    Les formes de l’écriture 

    Formes de bases essentielles: 

    - la boucle qui progresse en sens antihoraire sur la ligne de base, Graphisme / Ecriture (3)

     

    Graphisme / Ecriture (3)- le pont en sens horaire au sommet de la zone médiane. 

     

    Deux formes dérivent de la boucle: 

    Graphisme / Ecriture (3)- la coupe qui avance comme la boucle mais sans tourner, 

     

    Graphisme / Ecriture (3)- le rond qui tourne mais sans avancer. 

     

    Formes autres: 

    - jambages bouclés horaires (g, j, y) 

    - jambages bâtonnés (p, q) 

     

    Formes spécifiques:

    - arrondi du s, ensemble du z, boucle à l’envers du k, première boucle du x, 

    - barre du t, point du i, tréma, cédille et accents. 

     

    Le travail des boucles       

    -Travailler le point d’attaque et le sens des boucles dès la PS. 

    Jeu de croquet 

    Geste de balayage en avançant vers la droite 

    Assurance du geste: 

    Jeux de foulards, de ruban, jouer avec des manivelles 

    À partir de comptines: atelier musical (étude des hauteurs de sons, collage de gommettes) 

    Graphisme décoratif: encadrement de dessins au moyen de boucles de dimensions diversifiées. 

    - Utiliser le travail du geste aussi bien pour le calibrage et l’espacement des boucles que pour leur création elle-même 

    - Respecter la progression: geste => plan vertical => activité graphique sur table 

    Attendre que le geste de boucle soit correctement rythmé pour passer sur le plan vertical: 

    - faire une course aux boucles: les enfants avec une craie de couleur se suivent rapidement en faisant chacun une ligne de boucles au tableau, les boucles se chevauchent, on observe et on commente le résultat final 

    - faire des boucles les yeux fermés 

    Attendre que les boucles sur plan vertical soient correctement rythmées pour réinvestir en activité graphique sur table.   

    Sur papier: illustration des comptines, dessiner les fils du téléphone, fumée poussée par le vent, pelote de laine qui se dévide 

    - conserver la spontanéité du geste 

    Inutile de faire refaire des lignes de boucles si les premières boucles sont ratées…le ratage signifie que la préparation a été insuffisante… 

     

     

     Le travail des coupes 

    - Travail du geste des coupes 

    - Suites de coupes enchainées sur plan vertical 

    - Réinvestissement sur papier 

    - Réinvestissement en productions graphiques diversifiées 

    - Écrire le mot en entier puis placer les points sur les i et les barres sur les t 

     => A éviter: faire écrire des lignes de lettre ! Tout exercice de systématisation dépourvu de sens sera évité! (maiss possible en graphisme décoratif). 

    A faire: commencer par des coupes de même dimension (préfigurant i et u) puis passer à des combinaisons de 2 dimensions(t) 

    Exemples d’activités graphiques: 

    - la chenille : l’enfant trace une suite de coupes en discontinu il tourne sa feuille la tête en bas et recommence sur les points, puis il retourne, ajoute les pattes et un œil. 

    - autres animaux : dragon… 

     le collier: même principe 

    Applications:  

    Faire écrire des mots: lili, lulu, il, elle, il lutte, il luit, tuile, l’été, l’étui… 

    Le travail du rond 

    - Travailler le point d’attaque des lettres rondes. 

    - Au passage du rond à la lettre expliquer les règles de conduite de l’écriture 

    - Éviter de placer un trait d’attaque devant les lettres rondes 

    - Faire attention à la taille des œilletons 

    - Pour le passage à la trace écrite, commencer par des ronds incomplets (c) 

     

    Exemples d’activités graphiques: 

    - ronds incomplets: la queue des tasses, les poussins qui sortent de l’œuf, soleil caché par un nuage, tarte entamée, sifflets 

    - ronds complets: collier de perles, guirlandes de boules de noel, petits pois, verres de lunettes, etc  

     

    Le travail du pont 

    - Travail du geste du pont 

    - Suites de ponts enchaînés sur le plan vertical 

    - Une boucle après le dernier pont 

    - Réinvestissement sur papier et en productions graphiques 

    - Eviter d’accoler des demi-ponts les uns aux autres en levant le crayon entre chaque demi-pont 

    - Eviter de proposer des ponts de hauteur différente sur la même feuille ! 

     

    => Ne pas faire écrire de lignes de lettres! 

    Réinvestissement graphique: 

    La chenille: partie inférieur du corps est une suite de coupes 

    Les sauts de puce, de grenouille de sauterelle, les oeufs dans leur boite les sabots de l’éléphant, les fruits sur la tarte 

    ____________________________________

    Références Bibliographiques :

    - « le geste d’écriture – méthode d’apprentissage cycle 1 cycle 2 », Danièle Dumont-Hatier Pédagogie

    - Livres d'écriture de D Dumont chez Hatier

    - Différents écrits de M.T. Zerbato Poudou

    - Thèse de L. Lurçat.


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