• Cinq idées pour changer l’école

     

    À l’initiative du Café pédagogique, le 7e  forum des enseignants innovants s’est déroulé vendredi 16 et samedi 17 mai à Bordeaux. Parmi les nombreux projets présentés, Le journal La Croix en a retenu cinq.

    La « classe inversée » pour s’adapter à chaque élève

     « Avant, lorsque je faisais le même cours pour tout le monde, au bout de quelques minutes, les meilleurs éléments de ma classe s’ennuyaient, les plus en difficulté étaient déjà “noyés”. » Soledad Messiaen, qui donne un cours commun aux CM1 et CM2 de Burie, en Charente-Maritime, village de 2 500 habitants situé à dix minutes de Cognac, en Charente, a donc décidé de tester la classe inversée à la dernière rentrée. Désormais, ses élèves visionnent d’abord son cours sous la forme d’une vidéo d’une durée de quatre à six minutes, chez eux ou à l’école, à leur rythme. Ensuite, ils remplissent un formulaire de cinq questions destiné à évaluer ce qu’ils ont retenu de la leçon, « sans l’aide des parents, pour ne pas fausser les résultats et ne pas accroître les inégalités sociales ».

    Cela permet à l’enseignante de répartir ses élèves dans les différents ateliers (entraînement sur ordinateur, manuel ou tableau interactif…) prévus le lendemain, « en fonction de ce qu’ils ont compris ou non », indique-t-elle. Avec cette méthode, « j’ai plus de temps à consacrer à l’élève et tout le monde progresse », se réjouit Soledad Messiaen.

    Autre avantage, le jeune est davantage « acteur » de son apprentissage. En fin de journée, quel que soit le groupe, les élèves produisent une « carte mentale (1) », ou une capsule vidéo, ou une affiche. Cette méthode parvient à « changer la représentation que les jeunes les plus en difficulté ont d’eux-mêmes, ils ne se disent plus qu’ils sont “nuls” », se félicite l’enseignante.

     

     

    Des professeurs qui travaillent ensemble

    Jean-Philippe Abgrall, professeur de technologie, a créé à la rentrée 2013 une « sixième innovante » aux collèges bretons de Saint-Joseph, au Guilvinec, et Saint-Gabriel, à Pont-l’Abbé (Finistère). Cette classe intègre plusieurs nouvelles démarches pédagogiques : cours inversés, évaluations par compétences plutôt que par notes, recours aux tablettes…

    Mais la vraie innovation est dans l’organisation : tous les professeurs de l’établissement travaillent ensemble au quotidien. Chaque matin, le premier enseignant de la journée fait un point de trente minutes avec les élèves sur ce qu’ils n’auraient pas compris des cours de la veille ou sur leurs exercices. Le soir, pour stimuler leur mémoire, les élèves réalisent un résumé de leur journée de cours sous forme de fiche, avec là aussi un professeur qui varie tous les jours.

    Tous les enseignants sont donc en contact permanent, notamment sur Internet, où ils partagent les « cartes mentales » des élèves. « Cela suppose que les professeurs soient soudés et acceptent que les confrères entendent le retour des élèves sur leur cours », prévient-il. Les résultats, comparés à ceux d’une classe « ordinaire », sont sans appel : « La mémorisation est bien meilleure et la cohésion du groupe incomparable », observe Jean-Philippe Abgrall. L’expérience commence à faire des émules. Deux collèges voisins vont se lancer en septembre dans le projet.

     

    Un jeu sérieux pour mieux appréhender la mythologie grecque

     « Jusque-là, nos élèves de sixième avaient du mal à comprendre l’odyssée d’Ulysse, en particulier les relations entre les dieux », rapporte Olivia Assemat, professeur documentaliste au collège Saint-Thomas d’Aquin à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques).

    Pour y remédier et leur faire découvrir cette œuvre complexe, elle a eu l’idée de proposer aux jeunes de créer un jeu vidéo. En seulement treize heures de cours, ses 32 élèves ont modélisé les décors, écrit les scénarios et coordonné l’action des personnages, en respectant scrupuleusement l’histoire du héros grec, depuis la chute de Troie jusqu’à son arrivée à Ithaque. Le tout, grâce à un logiciel qui ne requiert pas d’importantes connaissances en informatique.

     « Ils se sont aussitôt mis dans la peau d’un créateur et non d’un joueur, contrairement à mes craintes », se réjouit Olivia Assemat. Les bénéfices de cette expérimentation ont dépassé ses espérances. « Les élèves sont désormais capables de raconter l’histoire, sans notes et sans un seul blanc » .

    Le projet a par ailleurs « créé une vraie solidarité entre les jeunes, qui ont travaillé par groupes, avec chacun un épisode à réaliser ». Ces élèves ont remporté le premier prix du Concours national du jeu sérieux, organisé par l’académie de Créteil.

     

    Le latin sans peine

    Robert Delord, professeur de langues anciennes au collège et lycée du Diois (Drôme), en est convaincu : le numérique est le support idéal pour proposer un cours multi-­niveaux. Ainsi, désormais, lorsqu’il demande à ses élèves de réaliser un exercice, chacun construit son parcours d’apprentissage. Ceux qui sont moins à l’aise se remettent à niveau en regardant sur smartphone ou tablette une leçon animée grâce à « Arrête ton char », un blog que l’enseignant a cofondé et qui dispose d’importantes ressources sur les langues et cultures de l’Antiquité. Une fois l’exercice terminé, les plus rapides peuvent, par exemple, écouter une émission

    de France Culture sur l’empereur ­Auguste. Constatant que ces « nouvelles technologies poussent les élèves à poursuivre plus volontiers leurs apprentissages en dehors des cours et dans la classe », il leur a proposé cette année de traduire les inscriptions en latin figurant sur la cinquantaine de pierres tombales du Musée archéologique de Die. Aujourd’hui, grâce à eux, les visiteurs du musée n’ont plus qu’à photographier un QR code avec leur téléphone pour découvrir les secrets de chacune de ces pierres.

     « Une application à 89 centimes a permis aux élèves d’enregistrer leur traduction, laquelle est mise dans la bouche d’une statue virtuelle, raconte Robert Delord. Ce projet leur a donné davantage confiance en eux et leur a prouvé qu’ils étaient capables de produire des choses de qualité. »

     

    Lutter contre ce qui empêche d’apprendre

    Aujourd’hui, les freins à l’apprentissage sont nombreux. Ils peuvent être liés à l’entourage (« on ne veut pas de moi »), à l’élève (« j’ai peur de rater »), à l’enseignant (« il ne laisse pas les jeunes s’exprimer en cours »), à la représentation des savoirs (« les maths ne servent à rien »)…

    Pour faire tomber certains tabous et résoudre ces problèmes récurrents, Daniel Gostain, enseignant en primaire à l’école de la Plaine, dans le 20e arrondissement de Paris, mais aussi clown dans la compagnie « Tape l’incruste », a imaginé il y a un an des scènes avec un clown. Il s’agit de courtes vidéos de dix minutes organisées en trois parties. La première partie évoque un empêchement d’apprendre, de manière vécue. Dans un deuxième temps, le clown réfléchit à haute voix. Et enfin, il apporte des solutions. « Aujourd’hui, les 20 empêchements que nous avons listés sont des problèmes importants que l’on n’aborde pas ou que l’on contourne en envoyant l’élève chez un psychologue », regrette-t-il.

    Sa réflexion n’est pas isolée. Par le biais d’un blog, il échange avec une cinquantaine d’autres enseignants sur ces questions. Une vingtaine de classes en France ont déjà été séduites et utilisent ses vidéos comme support de débats en cours. « Cela permet à l’élève de parler de ses préoccupations et peut amener une autre relation avec l’enseignant », observe Daniel Gostain.

    Nicolas César, à Bordeaux

     

    Source : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Cinq-idees-pour-changer-l-ecole-2014-05-20-1153162


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  • L'association "Ecoles du monde, acteurs en Education" est une association fort intéressante.

    Elle s'est donnée pour mission d' étudier les systèmes scolaires publics internationaux - dans une approche humaniste pour :

    • Comprendre la situation & l'orientation mondiale actuelle
    • Interroger la finalité des écoles publiques du monde
    • Partager les "bonnes pratiques" pédagogiques pour un épanouissement individuel (réalisation de soi/valorisation des potentiels de chacun) et collectif (bien vivre ensemble/construction du monde de demain)
    • Relier les acteurs et favoriser les coopérations

    Présentation de l'association : lien

     

    Cette association propose un tour du monde des écoles et compare le fonctionnement de différents systèmes éducatifs.

    On en apprend ainsi plus sur le fonctionnement en Finlande, au Japon, au Brésil, mais d'autres encore: à voir ici...

    C'est dans la comparaison, la réflexion que nous pouvons nous-mêmes faire évoluer nos pratiques !

     


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  • Article du Nouvel OBservateur, publié le 01/01/2014

     

    L'enquête PISA, publiée au début du mois de décembre, a redit à la France ce qu'elle n'avait guère envie d'entendre : que, comparé à ceux de 64 autres pays du globe, le système scolaire tricolore est non seulement peu performant en terme de compétences, mais très inégalitaire sur le plan social

    Pourtant, rien n'est perdu pour l'école de Jules Ferry : il est encore possible d'aller regarder que nos voisins font. Passage en revue des bonnes pratiques dont le Gaulois seraient bien inspirés de s'inspirer. 

    1 / Mettre les enseignants aguerris dans les classes difficiles

    ILS LE FONT A SHANGHAI

    Shanghai est une sorte de monstrueuse anomalie éducative : la proportion des très bons élèves y est ébouriffante, 55,4 %, et celle des élèves à la peine, infinitésimale : 3,8%. Une des raisons de ce succès ? L'administration renforcée (empowered administration). Lu Lingdi peut en témoigner. En 2005, elle est nommée principale du collège Donggou de Pudong. Les résultats des 400 élèves de 12 à 15 ans sont les plus faibles du district. "Les professeurs arrivaient en classe sans avoir préparé leurs cours, et les élèves ne levaient jamais la tête de leur cahier", raconte-t-elle.

    Dans le cadre de l'administration renforcée, elle reçoit l'aide de Liu Jinghai, un principal à la retraite, et de plusieurs professeurs expérimentés. Assis au fond de la classe, ils assistent aux cours de leurs jeunes collègues, les conseillent, mettent à leur disposition un déroulé de leçons efficaces sous forme de PowerPoint, que les jeunes enseignants suivent sur un écran encastré dans leur bureau.

    A l'instigation de Liu Jinghai, l'équipe d'étayage développe, en s'appuyant sur la recherche en pédagogie, des techniques pour instiller la confiance en soi aux élèves. En 2010, la bataille est gagnée, le collège Donggou est donné pour modèle et les parents cherchent à y inscrire leur enfant. A Shanghai, ces échanges de compétences se font à large échelle. Les écoles rurales, ou ouvertes récemment pour faire face au boom démographique, passent contrat pour deux ans avec les écoles du centre-ville, ou avec des institutions non gouvernementales où travaillent des professeurs et des chefs d'établissement retraités. La municipalité de Shanghai couvre la dépense.

     Ce qui bloque en France

    La carrière de l'enseignant va du plus difficile au plus confortable. "Avec notre système d'affectation, plus on a d'ancienneté, plus on peut choisir son établissement",explique Laurent Escure, secrétaire général de l'Unsa Education. Et quand on a le choix, on opte rarement pour une mutation en Zone d'Education prioritaire (ZEP), considérée comme le purgatoire.

    Ce qui est en cours

    Le ministre Vincent Peillon entend revaloriser les enseignants en ZEP. Cela suffira-t-il à attirer les vieux briscards dans les quartiers chauds ?

    2 / Former les enseignants aux meilleures pratiques

    ILS LE FONT EN FINLANDE

    En Finlande, moins d'un candidat sur dix au métier de professeur est retenu au terme d'une série de tests, entretiens, mises en situation, parfois en groupe. "Ils doivent bien sûr posséder un bon niveau de connaissances académiques, mais avant tout une grande motivation pour la transmission", souligne Kristina Kaihari, conseillère au Bureau national de l'Education. Suivent cinq années de formation.

    Les futurs enseignants de maternelle acquièrent des techniques largement inspirées de la méthode Montessori qui privilégie l'expérience. Ceux du primaire, un cursus de trois ans en sciences de l'éducation, agrémenté d'une mineure en fonction de leurs centres d'intérêt. Quant aux profs du secondaire, ils optent pour un master dans deux matières au minimum et leur cursus comprend une année complète de pédagogie : "Ils apprennent de quelle façon enseigner leur discipline, comment susciter l'intérêt de leurs élèves, varier les approches en fonction de chacun", explique Kristina Kaihari.

    Les enseignants sont formés à toute une palette d'approches. La pratique est étroitement associée à la théorie :"Dès le premier semestre, nous passons deux semaines dans une classe, je pense que c'est vraiment essentiel, explique Pekka Löpönen, 25 ans, professeur des écoles à Espoo, dans les environs d'Helsinki. Et très vite, dès la première année, j'ai revu du tout au tout ma perception du métier !" Matti Rantonen, 28 ans, professeur d'histoire et de sciences sociales explique : "J'essaie de trouver sans cesse de nouvelles façons de captiver mes élèves." Et si un élève décroche ? Il est repéré et reçoit l'aide d'un professeur spécialisé, dans la classe ou en dehors.

    Ce qui bloque en France

    En 2012, la Cour des Comptes livre son verdict : les enseignants lancés dans le métier "n'ont pas de référentiel pour savoir ce qui est attendu d'eux, pas plus que les inspecteurs chargés de les évaluer". Sophie, la trentaine, professeure des écoles dans les Yvelines, raconte : "A l'IUFM, on nous a présenté les différentes méthodes pour apprendre à lire, mais sans nous guider sur laquelle choisir et pourquoi !"

    Ce qui est en cours

    Vincent Peillon a remis en place une formation professionnelle des jeunes enseignants dans les Espe (Ecoles supérieures du Professorat et de l'Education). Les concours viennent également d'être reconfigurés pour privilégier l'oral et la pratique.

    3/ Des programmes pour les élèves, pas pour les profs 

    ILS LE FONT EN POLOGNE

    La Pologne se traînait dans les profondeurs du classement : 21 points au-dessous de la moyenne de l'OCDE pour la compréhension de l'écrit en 2000... Mais en 2012 la patrie de Solidarnosc caracole à plus de 20 points au-dessus de la moyenne en maths, en sciences et en compréhension de l'écrit. Un petit miracle. En 1999, dans le cadre d'une réorganisation administrative, le pays a adopté un modèle école primaire-collège-lycée calqué sur les autres pays européens, ce qui a permis de rallonger la durée de la scolarité obligatoire.

    Pour motiver les élèves qui avaient tendance à lâcher l'école trop tôt, le ministère de l'Education a également lancé de nouveaux programmes à rebours de la logique qui prévalait jusque-là. Pour chaque niveau, il fixe non pas ce que les professeurs doivent enseigner, mais une sorte de "socle commun de connaissances et de compétences" que les élèves doivent posséder. En 2009, l'accent a été mis plus encore sur l'expérience, la démarche scientifique, la résolution de problèmes et la collaboration entre pairs. Les écoles ont bénéficié de libertés administrative et financière pour atteindre ces objectifs.

    "Cela a changé l'attitude des professeurs et transformé leurs pratiques. Plutôt que d'attendre passivement les instructions du ministère, ils se sont efforcés de développer leur propres méthodes d'enseignement, pour mieux coller aux besoins de leurs élèves et les faire progresser", explique Maciej Jakubowski, le sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'Education nationale de la Pologne. Car les élèves sont soumis à trois vagues d'examens nationaux qui évaluent "autant leurs connaissances que leur manière de raisonner", poursuit-il.

    Ce qui bloque en France

    Les rêves d'encyclopédisme ont la vie dure. Chaque discipline, dans une surenchère visant à prouver son excellence, réclame d'enseigner un maximum de notions. Résultat : les programmes ont tendance à s'alourdir. Les professeurs doivent aller vite pour les boucler, quitte à perdre une partie des élèves en chemin.

    Ce qui est en cours

    Programmes actuels "surchargés", "trop techniques"... Vincent Peillon veut les changer. Et vite. Le 6 décembre, il a chargé le Conseil supérieur des programmes (CSP) de les refondre, pour une entrée en application échelonnée entre 2014 et 2017. Il souhaite qu'ils soient plus simples, plus cohérents et qu'ils laissent une certaine place à l'interdisciplinarité.

    4 / Bâtir la confiance en soi

    ILS LE FONT AU QUEBEC

    Punaisés sur les murs d'une chambre d'ado, des mini-diplômes en carton reçus en cours d'année pour telle ou telle matière. Mention "Rigueur et dépassement de soi" en anglais. Minimeritas de "persévérance en mathématiques". "Excellence académique" en sports. Certificats de "courtoisie" et de "camaraderie", etc.

    Très nord-américain, oui. Très encourageant, aussi. Les enseignants ne parlent pas d'un "problème", mais d'un "défi". Ils félicitent à tour de bras, à coups de points d'exclamation et de "bravo" sur les copies, d'après-midi cinéma-popcorn, cabanes à sucre [lieux où l'on fabrique le sirop d'érable, NDLR] ou Accrobranche pour les plus méritants d'un niveau.

    "Nos systèmes d'émulation ne gratifient pas seulement les meilleurs au plan académique, précise Marc Prescott, de la Commission scolaire de Montréal. Mais aussi ceux qui s'impliquent dans la vie de l'école ont d'importants progrès scolaires." Pisa le redit, année après année : le Canada est l'un des dix pays à surpasser systématiquement la moyenne mondiale dans tous les tests, avec la Finlande, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et les pays asiatiques. Les différences de résultats entre enfants favorisés et défavorisés sont parmi les plus minces. Et les petits Québécois sont les deuxièmes non asiatiques dans la liste des meilleurs en maths et en lecture.

    L'explication ? Outre cet encouragement permanent, l'énergie et l'expertise investies dans l'aide aux élèves en difficulté semblent très bénéfiques. Dans la plupart des écoles primaires et secondaires exercent un orthopédagogue chargé du soutien, un psychoéducateur, un technicien en éducation spécialisée, et parfois un orthophoniste ; certains élèves bénéficient d'un "plan d'adaptation" et d'un "bulletin modifié", avec des évaluations spécifiques qui leur permettent de reprendre confiance. Evidemment, tout n'est pas rose dans l'école québécoise. Coupes budgétaires, niveau de culture générale jugé faible, contournement du public pour le privé à Montréal...

    Ce qui bloque en France

    Les élèves français restent les champions de l'anxiété et du manque de confiance en soi. La faute aux notes, à la peur de l'échec, aux professeurs qui sanctionnent les erreurs plutôt qu'ils n'encouragent les progrès, et un élitisme latent où celui qui ne suit pas est discrédité.

    Ce qui est en cours

    Vincent Peillon veut faire évoluer les notes, pour qu'elles engendrent "un encouragement et pas un découragement". A elle seule, cette mutation ne suffira pas à faire disparaître les logiques de comparaison, mais elle est un premier pas.

    5 / Développer l'autonomie des établissements

     ILS LE FONT EN ALLEMAGNE

    En 2000, l'Allemagne découvre la médiocrité de son école : c'est le "choc Pisa". Branle-bas de combat. Le ministère de l'Education reprend la main, alors que jusque-là les Länder faisaient ce qu'ils voulaient en matière d'enseignement. "Le modèle adopté est un équilibre entre un contrôle du pouvoir central accru, avec l'adoption d'évaluations et déprogrammes nationaux, et une plus grande autonomie accordée aux établissements",explique Eckhard Klieme, professeur de sciences de l'éducation à l'université Goethe de Francfort.

    Les directeurs peuvent décider d'allonger la journée de classe pour offrir l'après-midi du soutien aux élèves en difficulté. Ils ajustent les programmes en fonction de leur public. Ils donnent leur avis sur les enseignants qui postulent dans leur école... et obtiennent des financements publics pour leur projet pédagogique, à condition de trouver des partenaires locaux pour le mener à bien.  "Cette politique stimule l'investissement dans l'école. Les professeurs doivent collaborer entre eux et participer à la gestion", poursuit Eckhard Klieme.

    En Allemagne, la moitié des écoles fonctionne ainsi de manière autonome, même si le degré de liberté varie selon les Länder. Dix ans après le choc Pisa, les effets de cette politique sont spectaculaires. Tous les signaux (performances en maths, en sciences, en compréhension de l'écrit, équité...) sont passés au vert.

     Ce qui bloque en France

    "Autonomie" ? "Responsabilité" ? Des gros mots, en France.- ! "Des syndicats réactionnaires craignent que cela se traduise par le renforcement du pouvoir du chef d'établissement, une abomination à leurs yeux. Ils s'accrochent au dogme d'unicité de l'offre d'enseignement sur tout le territoire : mêmes programmes, mêmes professeurs, même gestion centralisée...", explique Michel Richard, secrétaire national du SNPDEN (Syndicat national des Personnels de Direction de l'Education nationale).

    Ce qui est en cours

    Le cadre juridique existe. En 1985, les collèges et les lycées sont devenus des établissements publics locaux d'enseignement (Eple), ayant le statut de personne morale. Donc une certaine indépendance de gestion. Avec la loi du 8 juillet 2013, ces Eple - représentés par le chef d'établissement, en accord avec son conseil d'administration et son conseil pédagogique - contractualisent pour quatre ans leur budget avec les départements ou les régions et l'Etat, en fonction des besoins des élèves.

    Caroline Brizard, Véronique Radier et Emmanuelle Walter - Le Nouvel Observateur


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  • Les Intelligences Multiples

     « Il n’y a pas 2 apprenants qui apprennent de la même manière. » a écrit R. Burns.

     Différencier les propositions pédagogiques de telle façon que chaque élève trouve à un moment ou à un autre une « prise » sur le savoir enseigné. La nécessité de différencier en classe est indéniable mais la question est généralement comment ?

    Différents théoriciens ont réfléchi à la diversité des intelligences, aux notions de profils pédagogiques (A de la Garanderie par exemple).

     La question n'est pas de savoir dans quelle mesure l'élève est intelligent, mais de quelles multiples façons il l'est.

     

    Qu'est-ce que les intelligences multiples ?

     La théorie des intelligences multiples est due à Howard Gardner, psychologue cognitiviste et professeur de neurologie.

    A partir d’études menées dans les domaines de l’anthropologie, de la psychologie cognitive, des approches psychométriques, physiologiques et neurologiques, ainsi que sur des recherches extrêmement variées sur le cerveau, il propose un éclairage différent sur la manière d’apprendre et sur celle de transmettre :soit « différentes manières d’être intelligent »

     

    Ses recherches ont conduit à une nouvelle définition du concept d’intelligence : au lieu de voir l’« intelligence humaine » en termes de score résultant de tests standardisés, Gardner la définit comme ayant trois composantes :

     

    - un  ensemble  de  compétences  qui  permettent  à  un  individu  de  résoudre  des problèmes rencontrés dans la vie courante ;

     

    - la capacité à créer un produit réel ou à offrir un service qui ait de la valeur dans une culture donnée ;

     - la capacité à se poser des problèmes et à trouver des solutions à ces problèmes, capacité permettant en particulier à un individu d'acquérir de nouvelles connaissances.

     Ses recherches l’ont finalement conduit à rajouter un “ s ” au mot « intelligence ». En s’appuyant sur des critères précis, il a ainsi défini au moins huit « intelligences » que chacun possède :

     

    1/ l'intelligence verbale/linguistique :               

    C’est la capacité à être sensible aux structures linguistiques sous toutes ses formes.

    On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui aime lire, qui parle facilement, aime raconter des histoires et aime en entendre, qui aime les jeux avec des mots (mots croisés, Scrabble, etc.), les jeux de mots, les calembours.

     

    2/ l'intelligence logique/mathématique :

    C’est la capacité à raisonner, à calculer, à tenir un raisonnement logique, à ordonner le monde, à compter. C’est l’intelligence qui a été décrite avec beaucoup de soin et de détails par Piaget, en tant que « l’intelligence ».

    On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui aime résoudre des problèmes ; chez ceux qui veulent des raisons à tout, veulent des relations de cause à effet ; qui aiment les structures logiques, et aiment expérimenter d’une manière logique ; chez ceux qui préfèrent la prise de note linéaire ; etc 

     

    3/ l'intelligence  visuelle/spatiale : 

    C’est la capacité à créer des images mentales, et à percevoir le monde visible avec précision.

    On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui a un bon sens de l’orientation, ceux qui créent facilement des images mentales ; ceux qui aiment l’art sous toutes ses formes ; ceux qui lisent facilement les cartes, les diagrammes, les graphiques ; ceux qui aiment les puzzles, ceux qui aiment arranger l’espace ; ceux qui se souviennent avec des images ; ceux qui ont un bon sens des couleurs ; ceux qui ont besoin d’un dessin pour comprendre ; etc

     

    4/l'intelligence musicale/rythmique

    On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui fredonne souvent, bat du pied, chante, se met à danser sur le moindre rythme ; ceux qui sont sensibles au pouvoir émotionnel de la musique, au son des voix et à leur rythme ; ceux qui saisissent facilement les accents d’une langue étrangère.

     

    5/ l'intelligence corporelle/kinesthésique

    C’est la capacité à utiliser son corps d’une manière fine et élaborée, à s’exprimer à travers le mouvement, d’être habile avec les objets.

    On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui contrôle bien les mouvements de son corps ; chez ceux qui aiment toucher, sont habiles en travaux manuels ; ceux qui aiment faire du sport, aiment jouer la comédie ; chez ceux qui apprennent mieux en bougeant, qui aiment faire des expériences ; l’enseignant la reconnaîtra dans l’élève qui se trémousse s’il n’y a pas suffisamment d’occasion de bouger, chez celui qui se lève en classe pour tailler un crayon ou mettre un papier à la poubelle.

     

    6/ l'intelligence interpersonnelle

    C’est la capacité à entrer en relation avec les autres.

    On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui entre bien et facilement en relation, se mélange et s’acclimate facilement ; chez ceux qui aiment être avec d’autres et ont beaucoup d’amis, ceux qui aiment bien les activités de groupe ; chez ceux qui communiquent bien (ou parfois manipulent), chez ceux qui aiment résoudre les conflits, jouer au médiateur.

     

    7/ l’intelligence intrapersonnelle

    C’est la capacité à avoir une bonne connaissance de soi-même.

    On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui a une bonne connaissance de ses forces et de ses faiblesses, de ses valeurs et de ses capacités; chez ceux qui apprécient la solitude ; qui savent se motiver personnellement ; qui aiment lire, qui écrivent un journal intime ; qui ont une forte vie intérieure.

     

    8/ l'intelligence (du) naturaliste  

    C'est la capacité à reconnaître et à classer, à identifier des formes et des structures dans la nature, sous ses formes minérale, végétale ou animale.

    On la reconnaît chez ceux qui ceux qui savent organiser des données, sélectionner, regrouper, faire des listes ; chez ceux qui sont fascinés par les animaux et leurs comportements, qui sont sensibles à leur environnement naturel et aux plantes ; chez ceux qui cherchent à comprendre la nature et à en tirer parti (de l'élevage à la biologie) ; chez ceux qui  se passionnent pour le fonctionnement du corps humain, qui ont une bonne conscience des facteurs sociaux, psychologiques et humains.

     

    Intelligences Multiples

    Une 9ème intelligence a été identifiée, dite métaphysique : ce serait la capacité de poser et examiner un questionnement existentiel…

     

    Howard Gardner précise : « L’essence de la théorie des intelligences multiples est le respect des nombreuses différences parmi les individus, les innombrables variations dans leurs manières d’apprendre, les différents modes par lesquels ils peuvent être évalués, et les manières presque infinies par lesquelles ils peuvent laisser leur trace dans le monde.»

    Concernant le développement des intelligences chez un être humain, Howard Gardner ajoute les points clés suivants :

    • Tout être humain possède les huit intelligences

    • Au cours de leur vie, la plupart des êtres humains peuvent développer chaque intelligence jusqu’à un bon niveau de compétence

    • Dans la plupart des cas, les intelligences sont utilisées ensemble de manière complexe

    • Il y a de nombreuses manières d’utiliser chaque intelligence.

     

     

    Les intelligences multiples à  l’école

     Le questionnement relatif à la gestion des groupes hétérogènes en classe, avec des élèves tous différents, regroupés dans une même tranche d’âge pour y acquérir au même moment les mêmes apprentissages, interroge bon nombre d’enseignants!

     Certains d’entre eux, formateurs à l’IUFM et impliqués dans leurs écoles d’application (écoles rattachées aux IUFM dans la formation des professeurs des écoles) ont trouvé dans cette théorie un début de réponse à ce questionnement.

     Ainsi, depuis la rentrée 2007, Véronique Garas, directrice d’école Maternelle d’Application Les Hauldres, à Moissy-Cramayel et coordinatrice à l’IUFM de Seine-et-Marne, s’intéresse avec toute son équipe, à cet outil « intelligences multiples » qu’elle met en place auprès de tous les élèves de son école.

     Par ailleurs, des séquences mettant en place des ateliers relatifs aux différentes intelligences, ont aussi vu le jour dans d’autres écoles.

     Bien que cette théorie soit encore controversée et toujours l’objet d’une recherche, les enseignants qui l’expérimentent y ont trouvé de multiples portes d’entrée pour permettre à leurs élèves d’aborder un nouvel apprentissage.

    Ainsi selon eux, cette diversité offre aux élèves une nouvelle façon d’appréhender, comprendre et d’intégrer de nouveaux savoirs.

     N'étant pas une théorie de l'éducation ni un modèle fixé qu'il faudrait suivre, les activités prenant appui sur les intelligences multiples peuvent être adaptées à chaque classe et à chaque situation d'apprentissage selon les besoins. Elles convergent vers un enseignement différencié (ne signifiant pas nécessairement « particularisé » : on peut imaginer qu’une même activité soit proposée à tous, avec un cheminement qui solliciterait tel type d’intelligence à certains moments, et à d’autres tel autre type) et tiennent compte des ressources personnelles, des acquis et des intérêts de chaque personne.

     

    Références et sources :

    Extrait dossier Cahiers innover et réussir n°15-2009

    Interview de Howard Gardner en 2005 dans les cahiers pédagogiques :

    http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=1974

    http://www.cslaurentides.qc.ca/Public/CarrefourPedagogique/webIntelMulti/index.htm

    A l’école des intelligences multiples, B. Hourst, Hachette

    Conférences de C. Chevalier – V. Garas, IUFM de Créteil - Université Paris Est-Créteil

    Les intelligences multiples : La théorie qui bouleverse nos idées reçues – H. Gardner – Retz

    Guide pour enseigner autrement : selon la théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner Cycle 3 – P Richard, Retz

    Guide pour enseigner autrement : selon la théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner Cycle 1  – V Garas, C. Chevalier, Retz. 

     


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  • Des coins-jeux aux espaces-jeux comme lieux d’apprentissage

    Pour répondre à la nécessaire construction du "Devenir Élève" et définir le parcours d’apprentissage comme le parcours d’apprenant de chaque élève à l’école maternelle, l’équipe de cycle 1 de l’école de Varennes en Argonne (Meuse) accompagnée par l’inspectrice de circonscription, s’est lancée dans le réaménagement de l’espace – classe.

     

    Consultez l'article, une vidéo et plus encore :

    http://www4.ac-nancy-metz.fr/pasi/spip.php?article793


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